En workshop à Nessie, Nessonvaux, le long de la Vesdre

Bistre

Bistre est un collectif de recherche-action cartographique et d'arpentage territorial (sauvage, téméraire, improvisé) co-fondé en 2025 par Virginie Pigeon, Marine Declève, Sophie Boiron et Pierre Huyghebaert, rassemblés autour des Atlas de récits et des Résonances de l'IGN.

En workshop à Nessie, Nessonvaux, le long de la Vesdre

Atlas de récits

Objet relationnel intermédiaire organisant les connaissances et leur dissémination — telle une encyclopédie à base géographique qui renforcerait les dynamiques d’attachement aux lieux.

Vesdre

Vesdre Vallée résonante est un cycle itinérant de marches exploratoires et d’ateliers socio-artistiques porté par D1CG. Ce cycle s'inscrit dans la continuité des initiatives que l'association liégoise mène dans la vallée de la Vesdre depuis les innondations de 2021. Au sein du projet, Bistre propose une version d'un Atlas de récits permettant d'interroger les alliances de l'eau et les méthodes de regénérations low-tech. Le projet cartographique fait écho aux propositions de Suzanne Husky et Baptiste Morizot dans le livre « Rendre l’eau à la terre », qui envisagent, au regard de l’action bénéfique des castors sur les milieux humides, des techniques collectives simples et concrètes de soin pour retenir l’eau afin d'amplifier la vie et la robustesse des vallées.

Ce projet d'atlas participatif est mené par Virginie Pigeon, Sophie Boiron, Pierre Huyghebaert et Marine Declève avec D1CG depuis janvier 2025.

Kanal

L’atlas de récits de KANAL est un projet d’ateliers pédagogiques en vue de co-construire avec un public intergénérationnel une cartographie artistique qui ancre la présence de KANAL dans le quartier, permette aux élèves de se familiariser à diverses pratiques de cartographie créative, de découvrir le chantier de KANAL et d’imaginer le musée idéal avec des personnes âgées. Organisés avec quatre écoles et deux maisons de repos, les ateliers s'appuient sur deux supports: une carte graphiquement lisible et très visuelle ainsi qu’un carnet d’enquête. Une sélection de documents visuels permet également aux enfants et personnes âgées de découvrir l'évolution historique du quartier pour raconter leurs propres expériences. L’assemblage des dessins, collages et histoires imaginées ainsi que la composition graphique est faite en vue d'exposer les cartes dans l’école et à KANAL.

Ce projet d'animation artistique est mené par Sophie Boiron, Marine Declève, Virginie Pigeon, Pierre Huyghebaert et Manon Pigeon avec KANAL-Centre Pompidou depuis novembre 2024.

Sambre

Dans la perspective biorégionale de reconsidérer nos modalités d’habitation et de relation au territoire, cette recherche-action vise à constituer un atlas du bassin versant de la Sambre en vue de penser la réhabitation écologique. Avec le réseau Sambre 2030, cet atlas co-construit est constitué comme un objet de médiation démocratique capable d’initier et de traduire une enquête sur la régénération et la défense du territoire de l’eau. L'enquête est menée en trois temps : le temps de l’immersion, le temps des traces et le temps des cartes. Elle mobilise les habitant·es, les acteur·ices de l’eau et la rivière pour faire émerger des ensembles de relation à l’eau, des pratiques présentes et oubliées, ainsi que les attachements et les fragilités de ces ensembles. Elle invite aussi les participant·es à se mettre à la place de la rivière et à lui donner voix, à travers une série de dispositifs de partage.

Ce projet de recherche-action est mené par Marine Declève, Virginie Pigeon, Pierre Huyghebaert, Sophie Boiron avec Sambre2030, l'Institut Culturel d'Architecture Wallonie-Bruxelles (ICA-WB) et le centre culturel provincial Delta à Namur. Il bénéficie d'un financement de la bourse Label (ICA-WB) pour la période 2025-2026 sur le tronçon Haute Sambre et d'un financement du Delta pour le tronçon Basse Sambre.

Walcourt

Ce recueil de dix cartes thématiques (59 x 42 cm dépliées) reflète des ensembles de relations au territoire dans leur complexité, leurs raisons et leurs paradoxes et propose divers itinéraires de marche. Dix cartes convoquant différents régimes graphiques et encourageant chacun à saisir, par l'expérience, toute l'épaisseur de ces paysages et les questions qu'ils nous posent dans la manière dont nous habitons ensemble le monde. Et autant de thèmes illustrés pour soutenir une pensée des attachements : Cohabitations, Production, Retranchements, Exploitation, Partage... L'expérience se construit autour d'une longue enquête de terrain consistant à rencontrer le paysage de Walcourt à travers le regard que lui portent ses habitants, à la relire par le biais du matériel cartographique et bibliographique ancien et contemporain, à le découvrir et à la vivre en le traversant en tous sens. Elle naît de la conviction que c'est à partir de ce qui nous est proche et intime dans nos lieux de vie que nous pouvons nous sentir concernés, animés et engagés dans les questions politiques de l'habiter ensemble.

Cette enquête a été menée par Virginie Pigeon en collaboration avec le Centre culturel de Walcourt. Publié en 2021, le projet éditorial a bénéficié d'un financement de la Cellule architecture et de l'Institut Culturel d'Architecture Wallonie-Bruxelles (ICA-WB). Le graphisme a été réalisé par Sophie Boiron (Speculoos).
Une vue de chemin frontalier entre Belgique et Allemagne

Résonances de l’IGN

Donner voix aux pratiques cartographiques et créer des lieux de prises de paroles sur ce que la cartographie nous raconte de la société.

En 2020, au moment du déménagement de l’Institut Géographique National (IGN) du site de l’Abbaye de la Cambre, le sauvetage d’un fonds d’archives cartographiques déclassées par l’IGN a fourni l’argument d’un projet d’exploration artistique visant à lui redonner droit d’existence et de parole et à le mobiliser comme ressource de débat public sur l’évolution des pratiques cartographiques et des représentations territoriales.

Le projet vise l’exploration du fonds et sa réhabilitation comme bien commun artistique et culturel. Une première étape a été le sauvetage physique des cartes et leur entreposage dans les locaux de Spec. Les manutentions réalisées à cette occasion permettent de poser l’hypothèse de la richesse du fonds. Le projet est de répertorier, décrire, classer, faire exister l’archive à partir de critères sensibles et matériels en la faisant parler, de manière à valoriser non seulement les documents, mais aussi ce qu’ils disent des métiers, des techniques et des process de production.

Un deuxième objectif est de mobiliser l’archive pour mettre en lumière la problématique du rapport mystérieux entre les métiers et les artisan·es de la carte et l’institution publique, c’est-à-dire, au-delà de l’IGN, les acteurs·rices publics mobilisant la cartographie et l’infographie pour inspirer et porter à connaissance les raisons de l’action publique.

La restitution du droit de parole implique de permettre à l’archive de prendre place dans l’espace public bruxellois et dans le petit monde de l’art de la carte. Le projet envisage la création et l’animation de trois types de lieux de prises de paroles, chacun étant basé sur une scénographie propice à la mise en relation entre les savoirs et les mondes.

Un cycle de six dialogues radiophoniques sur l’évolution des enjeux et des pratiques de l’art de la carte met en scène six femmes engagées dans la pratique et l’évolution des arts de la représentation territoriale, et un ancien archiviste de l’IGN, qui apporte un témoignage critique fondé sur sa mémoire des métiers qu’il a eu l’occasion de connaître pendant 40 ans passés au sein de l’institution. Les contenus de ces rencontres seront diffusés prochainement sur ce portail web.

La construction et l'archivage de ces dialogues entre cet ancien archiviste et des témoins féminins de l’évolution de l’art contemporain de la carte serviront d’arguments pour des productions artistiques et la conception de scénographies singulières qui feront l’objet de discussions critiques en contrepoint. Un cycle d'ateliers-expositions est ainsi destinés à révéler les enjeux d’évolution de l’art de la carte et des représentations territoriales sous le spectre de la typographie et de la communication graphique.

Ce projet de recherche en art est mené par Pierre Huyghebaert, Marine Declève et Sophie Boiron à l'ESA La Cambre. Les dialogues radiophoniques sont réalisés avec Frédérique Franke avec en autres des contributions de Jean-Luc Parmentier, Virginie Pigeon, Valérie Gevers, Milady Renoir, Julie Vanderhaeghen, Pacôme Béru, Pierre Marchand, Nina Willems. Le projet bénéficie d'un financement FRArt du FNRS pour la période 2023-2025. Voir art-recherche.be
Marche exploratoire, flanc de Vesdre, neige, janvier 2025